Récemment, dans une page complète du figaro, le RGEO (Réseau des Grandes écoles d'ostéopathie) interpellait le gouvernement sur la situation préoccupante créée par la multiplication des autorisations d’ouverture délivrées par le Ministère de la Santé dans une filière où la saturation est déjà annoncée.
La situation est préoccupante : En effet, il existe plus d'une quarantaine de centres de formation en ostéopathie en France, certains pouvant accueillir plusieurs centaines d'étudiants et ce dés la première année : A titre de comparaison, au Royaume-Uni il y a neuf centres de formation, pour une population équivalente. Une étude récente montre que la France est le pays disposant de la plus forte concentration en ostéopathe (DO) en Europe.
Dans ce contexte, quel avenir pour les étudiants en ostéopathie? L'offre de formation en France est elle cohérente par rapport au besoin de notre société? Tentons d'y répondre.
-> Etude démographique
Le Registre des Ostéopathes de France (ROF) a réalisé récemment une étude concernant la répartition des ostéopathes en France en 2009. Il a établi un ratio [(nombre d'ostéopathes par département)/population du département] pour quantifier les zones les plus saturées. Pour l'interpréter, il convient de rappeler qu'il faut un minimum de 4 à 5000 habitants dans un environnement géographique proche par ostéopathe pour assurer la "viabilité" de son exercice. Ce ratio n'est plus assuré dans 5 régions sur 10. Et sans contôle, les choses risquent de se détériorer.
Bien entendu, on pourra interpréter avec plus ou moins de pessimisme ces chiffres, mais la réalité se dessine: si rien n'est fait la profession sera totalement saturée.
Il convient de faire un parallèle avec la situation climatique :
Inutile de rappeler le contexte, l’information circule suffisamment. Cependant, il est intéressant de constater les dérives extrémistes concernant l’interprétation des risques : entre les nihilistes (tout ira bien) et les apocalyptiques (2012 sera la fin), il existe certainement une vérité médiane qui nous invite à considérer la situation avec sérieux, détermination et raison.
Sur ce modèle de réflexion, considérons l’avenir de l’ostéopathie : angélisme ou apocalypse ? Les mêmes extrémismes existent et même si l'impact de l'ostéopathie sur notre monde sera inférieur à celui du climat, l’avenir de milliers d’étudiants et de professionnels demeure incertain : il convient donc de s’en préoccuper:
et comme pour le climat, ne rien faire n'est clairement plus une option.
A titre d'illustration, on trouvera sur internet aussi bien le discours assuré d'une école qui prétendrait qu'il y a une réelle pénurie d'ostéopathes en France que le discours d'étudiants inquiets pour leur avenir. Qui croire? Le CEESO est clair sur ce point: la profession atteint un seuil de saturation critique et se range du coté des étudiants inquiets: le climat ostéopathique se détériore : ne rien faire correspond à condamner les étudiants qui ont fait le choix de cette profession. Le CEESO a donc décidé d'agir.
-> Que fait le CEESO?
Si le CEESO a décidé d'agir, c'est pour assurer à ses étudiants (actuels et futurs) un avenir plus serein. Alerter les pouvoirs publics, inviter les candidats indécis à renoncer à l'ostéopathie, aider ses étudiants lors de l'installation... tout ceci s'inscrit dans une action globale dont voici quelques uns des points forts:
Transparence de la communication : Pour que nul n'ignore la situation:
Cette page en est l'illustration (le CEESO est le seul établissement à indiquer sans ambigüité que la profession est déjà saturée et à inviter les étudiants à renoncer le cas échéant, à leur projet d'étude dans ce secteur). Ce discours est clairement relayé lors des journées portes ouvertes. Le sujet est par ailleurs abordé lors de l'entretien de sélection. Le candidat doit connaitre la réalité économique avant de se lancer.
L'ensemble des coûts de scolarité est publié sur notre site. Le candidat peut mesurer l'investissement en rapport du potentiel (ou du risque).
Le nombre d'étudiants inscrits (63 en 2009) et le nombre d'étudiants en fin de cycle (45 en 2009) est connu, afin que l'étudiant puisse connaitre ses chances de réussite dans le cursus et faire un choix "à priori" et non "à postériori".
Le but de cette transparence est d'établir un contrat moral avec les étudiants qui nous feront confiance. Ensemble, et dans un esprit de confiance mutuelle, nous pourrons renverser la tendance et faire en sorte que ce métier merveilleux reste un métier riche d'expérience et économiquement viable.
Numerus clausus : le CEESO limite le nombre de ses étudiants dès l'entrée. Tous les étudiants qui rentrent au CEESO peuvent (et doivent) réussir. La sélection à l'entrée est la griffe des grandes écoles.
Notre cursus est de cinq années (sans prépa), car chaque année d'étude supplémentaire alourdit l'endettement du candidat, l'éloigne de son installation professionnelle (et donc de son "gagne-pain") et accentue le risque de détérioration de la situation. Pour information, la Grande Bretagne forme ses ostéopathes en quatre ans (ils sont reconnus pour être aussi de bons ostéopathes). Le modèle sur cinq années que nous avons choisi s'inspire du modèle LMD (licence maitrise doctorat), il est nécessaire mais suffisant pour mener des études d'ostéopathie par rapport aux décrets actuels.
Ouverture de notre cursus aux étudiants étrangers (Erasmus, passerelle, etc.) pour que les professionnels que nous diplômons reviennent et s'installent dans leur pays d'origine ou que nos étudiants n'aient aucune crainte à s'installer hors de nos frontières. Maidstone (GB) recrute 50 % d'étudiants étrangers. Le CEESO a un objectif plus raisonnable de 25% d'ici trois ans.
Favoriser le débat "transversal" : étudiants, professionnels, institutions, etc.;
-> Quel conseil donner à un futur étudiant en ostéopathie?
Le premier conseil serait de bien réfléchir avant de faire un choix d'études en ostéopathie. Ces études sont difficiles et coûteuses. Il serait dangereux aujourd'hui de les entamer sans une certitude quant à votre motivation. Renseignez vous, consultez un ostéopathe, projetez vous dans l'avenir (où vous installeriez vous? la région est elle à ce jour saturée? en avez vous discuté avec vos proches?, qu'en pensent ils?, etc.).
Soyez critique, comparez un maximum d'écoles : tarif, qualité, durée, offre pédagogique, etc. Vous constatez que les informations ne sont pas facilement disponibles? : passez votre chemin ! On vous assure un avenir radieux et un chiffre d'affaire extraordinaire : méfiance! : ceci n'est que bon sens. On occulte le problème en prétendant que vous travaillerez si vous ne travaillez pas en ville: trop facile!
Renoncer à ces études est une sérieuse option à envisager en cas de doute.
En effet, avec presque 45 écoles, l'offre dépasse la demande : résultat : tout le monde ou presque est admis en école d'ostéopathie.
En effet, même si un certain nombre d'écoles, dont celles du RGEO (mais il y en a d'autres) assure une sélection réelle et effective (20 à 30% d'admission, chiffres et comptabilité à l'appui), il est à regretter que d'autres établissements soit réduits à accepter un maximum de candidats, probablement pour des raisons économiques inhérentes à la situation actuelle. Au final, pour un candidat à cette filière, la sélection n'existe plus, car ce candidat trouvera toujours une école pour l'accueillir (quitte à être placé en "zone d'attente", comme par exemple une prépa intégrée).
Et ceci est le problème numéro 1 de la profession : non seulement, celle-ci se sature, mais aussi, au rythme de formation actuel : il n'y aura bientôt plus de places pour les nouveaux entrants.
Le CEESO a choisi de rompre un silence coupable et d'inviter la majorité des candidats à renoncer à ces études coûteuses, longues et aujourd'hui aléatoires.
Rappelez-vous que c'est une école qui vous parle et que notre intérêt pourrait être de taire ces faits et profiter comme d'autres de l'engouement pour l'ostéopathie. Mais nous avons une éthique et un sens des responsabilités pour ne pas laisser les choses se faire.
Renoncer à ces études est non seulement salutaire pour les candidats mais salvateur pour la profession: pensez-y.
Cependant, si vous choisissez de faire ces études, votre choix d'établissement est important : par votre choix d'école vous validez tel ou tel modèle pédagogique, voire socio économique. Si vous choisissez, par exemple, une école où vous seriez, d'année en année, de promo en promo, plusieurs centaines d'étudiants, logiquement vous contribuez à la saturation de la profession que vous embrassez. (Un propriétaire de 4x4 doit avoir logiquement un discours modéré lorsqu’ il se plaint de l'évolution du climat, mais certains assument pleinement ce choix et c'est leur droit le plus strict: l'important est de rester cohérent par rapport à son discours et ses choix de vie et on a le droit de penser que le climat ne se dérègle pas!). Si vous pensez que la profession n'est pas en train de se saturer : c'est votre droit le plus strict et le plus respectable (et nous le respecterons). Nous avons simplement un avis divergent.
-> D'ailleurs, la presse en parle
LE NOUVEL OBSERVATEUR ETUDIANT, édition du N 14/2010 Titre : Attention aux embouteillages ! Télécharger en PDF
A la lecture de cette page, vous souhaitez toujours faire des études d'ostéopathie? alors votre motivation et votre acharnement sauront probablement vos meilleurs atouts pour votre réussite. L'ostéopathie est et reste une profession généreuse, intellectuellement enrichissante et valorisante pour des candidats bien informés et décidés. Restez néanmoins vigilent et critiques et continuez à vous informer (Registre, SFDO, SNOF, UNEO, presse, etc.)
CEESO
: 175 Boulevard Anatole France 93285 Saint Denis Cedex- Tél
: 33(0)1.48.09.47.49 - et - 39 Rue Pasteur 69007 Lyon - Tél
: 33(0)4.37.37.11.16